Il s'agit d'«un plan de bataille complet et structurel qui s’attaque méthodiquement à tous les facteurs expliquant la cherté de la vie», a déclaré le ministre des Outre-mer, en visite en Martinique lundi soir.
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, semble très optimiste. Il veut aller vite. Son projet de loi contre la vie chère dans les territoires ultramarins, il le veut pour « avant l'été ». C'est une promesse qui l'engage dans un contexte de crise social rythmée par une forte mobilisation contre les prix de l'alimentation. Dans ce texte, l'exécutif proposera «un plan de bataille complet et structurel qui s'attaque méthodiquement à tous les facteurs expliquant la cherté de la vie», a déclaré Manuel Valls à l'issue d'une réunion avec plusieurs dizaines d'élus et de représentants du monde économique à la préfecture de la Martinique.
Le projet de loi contre la vie chère devrait « reprendre certains articles » de propositions de loi présentées ces derniers mois par plusieurs parlementaires originaires des régions ultramarines, a précisé le ministre, exhortant à « enclencher une véritable transformation économique des territoires » ultramarins.
Le ministre a ensuite évoqué cinq priorités contenues dans ce projet de loi en cours de préparation, notamment le renforcement de la concurrence et la lutte contre « les pratiques anticoncurrentielles ». De « grands groupes très performants » présents dans ces territoires « jouent parfois un rôle d'étouffement de l'économie », a réaffirmé le ministre, reprenant des propos qu'il avait prononcés à l'Assemblée nationale le 22 janvier. Ces groupes de distribution « sont présents à tous les niveaux de la chaîne » d'approvisionnement, a-t-il souligné. Une allusion aux Békés qui détiennent le secteur.
Le texte visera également davantage de transparence dans la vie économique des Outre-mer, avec des sanctions « plus dissuasives » pour les nombreuses entreprises locales qui « ne se conforment pas » à leurs obligations, a ajouté le ministre. Il a en outre appelé à «rompre avec la dépendance aux importations», à « favoriser la production locale », et à mieux intégrer les territoires ultramarins avec « leur marché régional », afin de limiter les importations en provenance de la France hexagonale et de l'Europe « à ce qui est strictement indispensable ». Enfin, le ministre des Outre-mer a annoncé « un soutien de 10 millions d'euros » pour les « acteurs économiques et commerçants » sinistrés durant les violences urbaines survenues à l'automne 2024, en marge d'une vaste mobilisation contre la cherté de la vie.
Manuel Valls a aussi rencontré lundi soir des représentants du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), le mouvement à l'origine de la mobilisation émaillée d'émeutes à l'automne 2024 sur l'île. Selon un participant, étaient présents à cette rencontre des représentants syndicaux, six maires, trois députés et le suppléant du quatrième, mais un grand absent, le leader du RPPRAC Rodrigue Petitot, porteur d'un bracelet électronique suite à sa condamnation en décembre pour « actes d'intimidation et menaces envers des élus ». « J'ai rencontré des élus, des syndicats et cette organisation. Je souhaite discuter et rencontrer tout le monde avec des principes clairs (...), la condamnation la plus claire des violences à l'égard des biens et des personnes », a expliqué ce mardi matin le ministre sur la radio locale RCI.
Petit tour et puis s'en va ? Qu'adviendront ces promesses de Manuel Valls dans un contexte politique français, lui aussi en pleine crise au niveau national. D'aucun annonce déjà une nouvelle dissolution de l'Assemblée Nationale en septembre prochain.